Randonnée au Garlaban, en Provence, sur les traces de Marcel Pagnol

A

près la période difficile qu’on a traversée avec ce Coronavirus, j’ai eu, pendant et après le confinement, l’envie de m’intéresser davantage au local plutôt qu’aux contrées lointaines. Que ce soit pour l’alimentation (je me sers chez des producteurs locaux en fruits et légumes) ou pour les loisirs. Et j’ai ce besoin de me ressourcer en pleine nature, loin de la ville et de son agitation, que je n’avais pas forcément avant.

Du coup, ni une ni deux, je me suis motivée à acheter des chaussures de randonnée en me disant que ça me donnerait envie d’aller balader et de découvrir un peu plus les sentiers de ma si belle région. Car bien souvent, on connaît plus certains pays ou certaines capitales que son propre département. Et pourtant, il y a tant de choses à voir

Sur les traces de Marcel Pagnol

Comme beaucoup d’entre vous qui habitent le sud de la France et la Provence en particulier, j’ai été bercée par les films de Marcel Pagnol étant enfant. La Gloire de mon Père, le Château de ma Mère, Manon des Sources, … ça vous parle ? Cela faisait un bon moment que j’avais envie de faire cette randonnée sur le Garlaban, cette fameuse colline à la tête ronde, située entre Marseille et Aubagne, dans le département des Bouches-du-Rhône. Surtout que je passe très souvent devant en voiture, sur l’autoroute en contrebas. Je voulais parcourir les chemins que Marcel et sa famille prenaient lorsqu’ils partaient en vacances dans leur maison de famille et voir les lieux principaux que l’on peut observer dans les films.

Après m’être renseignée sur les différents sentiers possibles via l’application Visorando (merci Ondine pour le conseil !), j’ai motivé mes amis et nous sommes partis un dimanche pour la journée ! Le temps était parfait car il faisait beau, chaud mais pas trop, mais surtout il y avait du Mistral, ce qui permettait d’avoir un petit air frais constamment.

Il y a deux possibilités pour randonner sur les traces de Marcel Pagnol : soit vous partez de Marseille (quartier les Camoins – La Treille dans le 11ème arrondissement), soit vous partez d’Aubagne (quartier la Font de Mai). L’objectif final étant bien sûr l’arrivée au Garlaban. La différence étant dans le fait que vous ne verrez pas les mêmes points, je vous expliquerai ça un peu plus bas…

Nous avons opté pour la première solution. Nous avons donc garé la voiture juste avant le cimetière de la Treille. Il y a des places gratuites le long de la petite route.

Petite infos pratiques sur cette randonnée :
– La boucle fait au total environ 18km si vous suivez exactement le même chemin que nous avons pris. Vous pouvez réduire à 11km si vous n’allez pas jusqu’au Garlaban.
– Il y a un dénivelé d’environ 600m
– La randonnée est de niveau moyen, plutôt accessible aux adultes ou aux ados
– Il n’y a pas de passage d’ombre sur cette randonnée, donc prévoyez plutôt de la faire au printemps ou à l’automne et pas en pleine chaleur, quand le soleil tape trop fort. Prévoyez au minimum une bouteille d’eau de 1.5l par personne car croyez-moi, on se déshydrate vite !
– Prévoyez également de bonnes chaussures de randonnée de montagne car les chemins sont assez caillouteux.

Le village de la Treille

Il faut ensuite se diriger vers le village, qui est d’ailleurs l’endroit par où la famille Pagnol passait pour se rendre à leur maison de vacances, située un peu plus haut. Marcel Pagnol y a également habité plus tard, pour écrire. ll repose désormais au cimetière du village, sa tombe est visible en face de la porte d’entrée.
Juste après le cimetière, dans la montée du village, on peut voir sur la droite le canal de Marseille, que la famille Pagnol utilisait comme raccourci dans ses allers-retours. Cependant, ce n’est pas cette partie-là précisément que la famille empruntait.

On arrive ensuite au village de la Treille, très authentique et paisible. On peut y voir une jolie église avec un clocher à étages, mais aussi et surtout la fameuse Fontaine de Manon, dans le film « Manon des Sources ». Pour les connaisseurs, c’est dans ce village que le père de Marcel Pagnol alla montrer ses bartavelles et se fit photographier par le curé (« La Gloire de mon Père »).

Au niveau de l’église, prenez à droite et parcourez ensuite tout droit les petites rues du village, pour en sortir et vous diriger vers la partie résidentielle, sur le chemin des Bellons. La route continue de monter, il faut aller toujours tout droit. Vous pourrez alors suivre le marquage jaune tout au long de la randonnée.

Le Chemin des Bellons

Dans la montée sur la gauche, jetez un coup d’œil au n°43 : c’est la villa « La Pascaline », qui fut le refuge de Marcel pour écrire et où il tourna également quelques scènes de ses tout premiers films.

Après le croisement où vous verrez le panneau « Allauch » sur la gauche, continuez toujours tout droit dans l’impasse (le chemin qui vient de la droite sera celui du retour).

A un moment, le chemin des Bellons tourne sur la droite pour poursuivre ensuite sur le chemin des Rapons. Un autre chemin continue tout droit en montant. Si vous voulez voir la « Bastide Neuve », l’endroit où la famille Pagnol passait ses vacances, poursuivez quelques dizaines mètres sur ce chemin. La maison n’est pas visitable et elle est désormais laissée à l’abandon. Il faudra ensuite revenir sur vos pas pour atteindre le chemin des Rapons.
Le chemin finit en cul de sac : vous verrez alors une grosse citerne sur la gauche et un portail vert en face de vous. Il faudra passer sur la gauche pour contourner le portail et continuer tout droit, sur un chemin de colline cette fois.

Direction le Pas du Loup

A partir de là, c’est parti pour monter un bon moment. On se retrouve en pleine colline, au milieu des arbres, de la nature…et des cigales ! On a eu la chance (même si elle était courte) d’entendre le chant d’une cigale, une des premières car cette année, elles se font un peu désirer !
N’oubliez pas de suivre le marquage jaune qui vous dirigera parfaitement tout au long de la randonnée. Au premier embranchement, il faudra prendre le chemin de gauche. Vous arriverez ensuite sur un espace dégagé avec une grotte que vous pourrez aller observer sur la droite.


Continuez ensuite tout droit en montée pour atteindre un croisement. Il est alors possible de rejoindre Allauch sur la gauche. Quant à nous, direction la montée pour contourner la colline « la Tête Ronde » puis, tout en haut, atteindre le Pas du Loup. Vous pourrez alors observer une très jolie vue sur tout Marseille.

Le Pic du Taoumé et la grotte du Grosibou

Quand vous aurez atteint le Pas du Loup, vous aurez deux possibilités : soit vous continuez en face pour aller visiter la grotte du Grosibou. Dans ce cas, il vous faudra un peu de courage car la montée est raide pour atteindre le pic du Taoumé. Soit vous prenez à droite direction la Baume Sourne pour contourner le pic.

Pour notre part, nous avons décidé d’aller voir la grotte du Grosibou : nous avons donc continué en face puis tout de suite à droite sur un chemin très étroit et escarpé qui permettra d’atteindre la célèbre grotte. Pour la petite histoire, c’est dans cette grotte où Marcel se réfugiait avec son ami Lili des Bellons dans « La Gloire de mon Père ». Pourquoi le Grosibou ? Parce que Marcel y a observé une fois le Grand Duc, un aigle qui lui a fait une grosse frayeur en ce jour d’orage.


C’est là qu’on se rend compte que le petit Marcel était un sacré marcheur car il fallait un bon bout de temps et une bonne dose de courage pour atteindre cette grotte !
Après la grotte, prenez sur la droite pour atteindre le pic du Taoumé, la cime de la colline, où vous aurez une vue magnifique sur toute la côte, depuis Marseille jusqu’à la Ciotat.

Direction le Garlaban

Ensuite, descendez du pic par le côté ouest et parcourez les crêtes. Nous nous y sommes arrêtés pour pique-niquer. L’endroit est très agréable, la vue est belle et on a juste envie d’y faire une bonne sieste avant de reprendre la marche.
Au croisement où vous verrez une partie de route goudronnée, prenez à droite sur cette route pour monter direction le col de la Baume Sourne. Au sommet, vous verrez en face de vous le majestueux Garlaban.

Si vous souhaitez vous rendre au pied (et encore mieux, au sommet) du Garlaban, dirigez-vous vers celui-ci, au Col de Garlaban. Sinon, prenez tout de suite à droite pour redescendre à la Treille en passant par le vallon de Precatori et le vallon de Passe-Temps.

Arrivés au Col de Garlaban, il vous faudra une dizaine de minutes supplémentaires pour monter à son sommet, où se trouve la croix du Garlaban. Apparemment, la vue y est dégagée sur toutes les Bouches du Rhône.
Nous ne l’avons pas fait car nous étions déjà bien fatigués et pas de grands habitués de randonnée. Mais cela me tente bien de le faire la prochaine fois, en débutant cette fois-ci par la Font de Mai.

Retour à la Treille

Quand vous êtes au Col de Garlaban, vous avez plusieurs possibilités pour le retour (il y a des panneaux au croisement) :
– Ne pas faire de boucle et vous diriger vers l’autre versant de la colline, à savoir direction Lascours (prendre à gauche)
– Redescendre direction le Col d’Aubignane en passant par le Draioulet (aller tout droit)
– Redescendre direction la Treille (donc de faire la boucle) en passant par le vallon des Piches et la grotte de Manon. C’est ce que nous avons fait.

Le chemin est alors uniquement de la descente, plus étroit qu’à l’aller et il y a beaucoup de cailloux, il faut donc faire attention à ne pas glisser.
Lors de la descente, vous pourrez observer sur votre gauche à un croisement la grotte du Vieux Mounoï (ou grotte de Manon) du film « Manon des Sources » (elle est indiquée sur les panneaux du croisement).

Lorsqu’on arrive au Col d’Aubignane, vous aurez deux possibilités :
– Continuer tout droit pour descendre vers la Font de Mai si vous ne faites pas la boucle vers la Treille. Dans ce cas, vous pourrez voir des lieux tels que le Puits de Raimu et les ruines de la Ferme d’Angèle, deux autres films de Marcel Pagnol.
– Tourner à droite et dans ce cas, vous reviendrez vers la Treille. C’est ce que nous avons fait.

La fin de la randonnée est donc toujours en descente. On arrive sur le chemin Val de Passe-Temps qui dessert ensuite le chemin des Bellons que nous avions pris au départ.

Si vous êtes du coin ou de passage dans la région, je vous invite vraiment à faire cette randonnée sur les traces de Marcel Pagnol. On est à la fois en pleine nature et pourtant à quelques kilomètres seulement de Marseille. Les vues par temps dégagé sont magnifiques et vous apprécierez de retrouver, pour les amateurs, les lieux mythiques des films de Pagnol.
Je prévoirai avec plaisir pour une prochaine fois la seconde randonnée au départ de la Font de Mai, qui permettra de voir notamment le Puits de Raimu et la Ferme d’Angèle, sans oublier de monter au sommet du Garlaban !

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